29/05/2019 – Le parfum, dernière frontière du cyberespace.

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La numérisation du parfum reste technologiquement à améliorer. Capture d’écran de la vidéo « Introducing Cyrano ».

Cet article est issu de la communication présentée par l’auteur à la sixième conférence de la Digital Olfaction Society, les 3 et 4 décembre 2018 à Tokyo.


Avec le goût, l’odeur est l’un des cinq sens fondamentaux de l’Homme encore absent du cyberespace. C’est même de facto le principal absent tant l’odeur contribue de manière significative à la formation du goût. L’absence de parfum déprécie l’expérience du cybernaute puisqu’il continue de sentir l’environnement direct de son poste numérique, alors qu’il se trouve virtuellement, par exemple, dans une forêt.

Du point de vue commercial et économique, l’absence d’odeur dans le cyberespace représente un coût d’opportunité important ; lequel se mesure par l’écart qui existe entre les impacts que l’olfaction numérique aurait pu avoir sur le cybernaute (consommateur) et la situation actuelle d’absence d’olfaction en ligne. D’un point de vue technologique, l’absence d’odeur dans le cyberespace conduit à la question fondamentale de la faisabilité de la numérisation du parfum.

Des technologies perfectibles

L’idée de diffuser des odeurs pour améliorer les expériences humaines est ancienne, antérieure même aux technologies numériques. À la fin des années 1950, plusieurs salles de cinéma américaines utilisent pour la première fois le système Smell-O-Vision pour le film Scent of Mystery. Les signaux sur la bande sonore du film déclenchent automatiquement des arômes dans des tubes en plastique raccordés à des sièges individuels. Mais cette technologie reste relativement limitée.

Les spectateurs ressortent étonnés d’une projection du film Scent of Mystery, en 2015.

Améliorer l’expérience passera notamment par des progrès en matière de compréhension du mécanisme de perception olfactive. Malgré les efforts inspirants dans la numérisation, le manque d’une théorie générale pour la caractérisation des odeurs rend extrêmement difficile leur reproduction dans le monde numérique. Cependant, de nouvelles voies sont maintenant ouvertes grâce aux recherches des lauréats du prix Nobel de physiologie en 2004, Richard Axel et Linda B. Buck.

La solution de la numérisation des signaux olfactifs réside théoriquement dans des logiciels capables de coder et de décoder les odeurs dans le cyberespace. Bien que l’encodage des odeurs ait connu des avancées encourageantes, la transmission et le réveil des arômes dans un environnement virtuel restent particulièrement difficiles.

La technologie courante pour intégrer les odeurs comme les images et les sons dans les cybermédias pourrait être une interface qui produirait une odeur à partir d’un nombre limité de produits chimiques stockés. Deux technologies majeures de codage et de transmission numériques des odeurs ont aujourd’hui cours : les outils de fixation et l’intelligence artificielle.

ITunes des odeurs

La première est une technologie de transmission des odeurs qui se connecte aux technologies électroniques existantes. L’application oNotes et le diffuseur d’odeur Cyrano qui va avec, cherche par exemple à devenir l’iTunes des odeurs. Et d’autres start-up développent divers projets comparables.

L’intelligence artificielle et le machine learning vont encore plus loin dans la numérisation des parfums. Ainsi Philyrad’IBM utilise des algorithmes d’apprentissage automatique pour croiser des milliers de formules et de familles de parfums, afin de générer de nouvelles combinaisons correspondant aux goûts spécifiques des différents segments de cybernautes. L’objectif ultime est d’influencer positivement leurs activités en ligne et leur bien-être numérique.

Vidéo de démonstration du diffuseur d’odeur Cyrano.

Une autre catégorie, celle de la stimulation du cerveau, jouit d’un buzz énorme. Adrian David Cheok, professeur d’informatique, cherche ainsi à développer une technologie permettant de stimuler de manière électromagnétique le cerveau olfactif du destinataire afin de générer une odeur. Un petit appareil situé dans la partie supérieure de la bouche, sous l’os palatin, déclencherait les neurones sensibles à l’odeur dans le cerveau. Cependant ceci est encore loin de convaincre les scientifiques en ingénierie et en études biologiques.

Autre exemple intéressant de l’olfaction numérique : iSmell, développé par DigiScents, petit appareil connecté à un ordinateur via un port USB, destiné à créer des odeurs à partir de combinaisons et à les intégrer dans des contenus numériques. L’outil n’a pas rencontré son public, très probablement en raison du fait qu’il ne répondait à aucun besoin – et non pas à cause de la qualité avérée du produit final.

Quoi qu’il en soit, technologiquement, la diffusion des odeurs dans le cyberespace reste sensiblement perfectible, principalement en raison de la qualité de la reproduction et de la transmission des odeurs. Parmi les pistes les plus prometteuses, deux méthodes de transmission se distinguent : une ceinture montée sur tube fixée à un masque pour disséminer les odeurs dans la réalité virtuelle, et une nacelle permettant à l’utilisateur d’inhaler l’air fourni.

Impacts sur les comportements d’achat

Étant donné l’impact émotionnel généré par les odeurs et des perspectives économiques considérables qu’elles laissent entrevoir à l’échelle numérique, il est clair que le parfum est aujourd’hui la dernière frontière à franchir technologiquement pour compléter notre expérience sensorielle en ligne.

On recense quatre impacts majeurs que les odeurs peuvent avoir sur les comportements et les interactions humaines : signaux relationnels, réminiscences, émotions et sensations gustatives.

Les « signaux relationnels » constituent la première catégorie d’impacts olfactifs. Les humains reçoivent des odeurs sous forme de messages stimulants et s’y adaptent en conséquence. Les exemples abondent dans la séduction, la guérison, la chasse, la célébration, etc. Nous savons aujourd’hui comment les phéromones affectent les relations des humains, et encore plus la communication de certains animaux – notamment les insectes – et les plantes. Vittorio Gassman et Al Pacinoont respectivement incarnés en 1974 et en 1992, un charmant colonel aveugle à la retraite qui prétend sentir de belles femmes.

Bande-annonce du film Le temps d’un week-end avec Al Pacino (1992).

Les études sur le comportement des consommateurs affirment que le parfum stimule les relations avec les marques en améliorant la mémoire pour les informations sur les produits. Renifler un parfum congruent dans un objet publicitaire augmente l’attention. Les personnes présentant une perte olfactive évitent les interactions avec leurs amis pendant les repas, sont peu disposées à commenter les aliments et traînent les pieds au restaurant. Les odeurs ont donc un impact sur les interactions sociales et les comportements d’achat.

La « réminiscence » se réfère à l’impact olfactif sur la mémoire, comme « l’effet Proust » : le parfum de la madeleine trempée dans le thé rappelle à l’auteur une odeur familière de son enfance. Les odeurs impliquent souvent une correspondance plus forte entre émotion et mémoire, très probablement car le système olfactif dans le cerveau est proche de l’amygdale, les systèmes d’émotion du cerveau, et de l’hippocampe, le traitement de la mémoire.

Les odeurs renforcent les émotions

Les études de comportement des consommateurs révèlent également que les odeurs suscitent de meilleurs souvenirs chez les personnes ayant un sens de l’odorat normal et renforcé. Les différences d’aptitude à l’olfaction chez les clients présentant une faculté normale, renforcée (hyperosmie), diminuée (hyposmie) et une perte de l’odorat (anosmie) ont une incidence sur la mémoire, le jugement et la décision relative aux produits et aux publicités. Nous savons que les odeurs aident les acheteurs à se souvenir des informations sur les produits.

Les « signaux instinctifs » gustatifs tels que la salivation, la motilité gastrique, la reconnaissance des aliments appropriés et des aliments contenant des toxines peuvent également être enflammés par une odeur. La saveur résulte de la combinaison de signaux olfactifs et de données gustatives dans le cerveau. Les restaurants et les cafés utilisent souvent les odeurs comme outils de marketing pour inciter les passants à ouvrir leurs portes et à entrer.

Les « émotions » de bonheur, même les souvenirs de moments heureux, la faim et bien d’autres sentiments sont étonnamment en phase avec les odeurs. Le roman « Le parfum » de Patrick Süskind (1985) illustre bien comment la perception olfactive rappelle non seulement les odeurs, mais également les émotions qui leur sont associées. Les odeurs déclenchent également des souvenirs aversifs désagréables plus détaillés que les deux autres stimuli sensoriels auditifs (musique) et visuels (couleurs de la lumière).

Les études sur le comportement des consommateurs montrent donc que les souvenirs évoqués par les odeurs sont plus émotionnels que ceux évoqués verbalement. Les exemples abondent : les bas nylons à odeur d’orange se vendent mieux que les bas non parfumés. Une paire de chaussures Nike convient mieux aux clients dans une pièce au parfum floral que dans une pièce sans odeur. Les clients perçoivent les odeurs plutôt comme étant appropriées et inappropriées que comme un plaisir ou un désagrément.

Ce pourrait donc finalement être les enjeux business qui stimuleront les progrès technologiques pour atteindre la dernière frontière du cyberespace…

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27/05/2019 – LANCÔME DÉCLINE TRÉSOR EN OR

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crédits : auparfum
Trésor en or, eau de parfum 83 euros/50ml

La marque française propose une nouvelle version de son grand classique signé Sophia Grojsman pour la Fête des mères.

En 1990, la créatrice habillait la rose (qu’elle avait déjà travaillée pour Paris et Eternity) de notes veloutées de pêche, de violette et de santal, donnant naissance à une composition douce et maternelle.
Après une lignée déjà longue de flankers, Trésor se voit désormais doté d’une édition limitée « en or », que Lancôme nous présente comme une « signature florale orientale revisitée ».
La marque « twiste » la pêche « iconique » de Trésor en mariant des « fleurs de pêcher »avec « des accords subtils de jasmin, de rose turque et de pivoine », et des notes cuirées.
« Au petit matin, les amoureux se retrouvent tendrement sur le Pont des Arts, admirant le lever du soleil sur Paris », lit-on dans le communiqué de presse. « A l’instar de Trésor, les reflets dorés de Trésor en Or illuminent le ciel parisien et la Seine de millions de lumières ».

Pour cette édition limitée, le flacon originel revêt une couleur dorée.

Premières impressions

On aurait pu s’attendre à un oriental fruité dégoulinant de praline… eh bien non ! Compte tenu de la description, le résultat est assez surprenant : un floral fruité, vert, plus pomme-poire que pêche (ou alors une pêche de vigne), noyé dans des muscs blancs très propres (aucun cuir à l’horizon), qui évoque davantage un P’tit Dop aux fruits du verger que des amoureux se bécotant sur le Pont de Arts (à moins qu’ils ne sortent tout juste de la douche ?) Même si l’empreinte de l’original refait surface dans les notes de fond, musquées boisées et poudrées, on est très loin de l’esprit Trésor, à la limite plus dans un univers à la Petite Chériede Goutal, mais je me demande bien au final quelle genre de maman Lancôme comblera avec ce shampoing, heu, ce parfum en or ? Les habituées du Trésor d’origine ne retrouveront pas leur classique, les adeptes de parfums shampouinesques seront-elles séduites par ce nom qui incarne une parfumerie désormais classique ?

Cet article provient du site internet : http://www.hbes.fr/wp-admin/post.php?post=26512&action=edit

24/05/2019 – BOUTIQUE EN LIGNE HBES

C’est aujourd’hui et avec grand plaisir que nous vous annonçons la mise en ligne de la boutique d’HBES conçues spécialement pour vous !

Vous souhaitez harmoniser votre ambiance, parfumer vos espaces ? HBES met en ligne spécialement pour vous une sélection de nos meilleures fragrances. Retrouvez un large choix de concentré de parfums en 250 ml et des parfums (avec du solvant) de 1L pour une utilisation direct avec un diffuseur (pour micro diffusion ).

Alors n’attendez plus et laissez vous tenter par de nouvelles effluves qui pourront embaumer votre environnement !

23/05/2019 – Parfum : voici la fragrance qui correspond le plus à votre signe astrologique !

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Crédits : GETTY IMAGES

Vous laissez votre horoscope dicter tout, du signe de votre chéri au moment propice pour prendre des vacances… alors pourquoi ne pas le laisser vous aider à choisir le parfum parfait ? Et oui, vous pouvez utiliser votre signe pour trouver la famille de parfums idéale et le parfum de printemps/ été avec lequel vous êtes le plus compatible – ou en offrir un en cadeau à votre meilleure amie pour être sûre qu’elle l’adore ! Ci-dessous, 12 parfums pour chaque signe : serez-vous d’accord avec les astres ?

• BELIER : (20 mars – 19 avril)

On le sait, vous respectez vos propres règles. Avec vous, tout est question de déclaration officielle, pointilleuse et minutieuse. Votre parfum correspond à un parfum floral combinant des notes contrastées, comme des fleurs blanches mélangées à du vétiver et du patchouli profonds et terreux.
>> Parfum parfait : Givenchy, l’interdit 

• TAUREAU (20 avril – 20 mai)

En tant que mère désignée de la Terre, votre réussite réside dans le calme et les jours ensoleillés. Votre look de tous les jours comprend des bijoux pastel et un maquillage frais et éclatant. Parfait pour vous: une fragrance florale pétillante soulignée par des notes de magnolia, de pois sucré et de nectarine.

>> Parfum parfait : Jimmy Choo Floral

• GEMEAUX (21 mai – 20 juin)

Vous êtes unique en son genre. Vous pouvez facilement basculer d’une petite robe noire à un tailleur masculin chic grâce à vos deux côtés distincts. Votre nature curieuse vous encourage à explorer, alors vaporisez un parfum floral inattendu avec un mélange de jasmin et de tonka.
>> Parfum parfait : Carolina Herrera, Good Girl

• CANCER (21 juin – 21 juillet)
Votre calme s’épanouit sous la chaleur du soleil, en particulier lors de journées à la plage avec vos amis et votre famille. Laissez place à la fraîcheur de la saison avec des lèvres roses, des rubans pour les cheveux et un parfum sucré avec une touche gourmande délicieuse.

>> Parfum parfait : Marc Jacobs, Daisy Love 

• LION (22 juillet – 22 août)

Amoureuse et glamour, vous êtes star du spectacle et vous voulez vivre la vie de la meilleure façon qu’il soit… c’est à dire à la plage, avec un cocktail glacé à la main. Vous avez envie d’excitation à chaque tournant, y compris un doux parfum avec des notes de mangue fraîche et de sorbet au cassis.
>> Parfum parfait : Thierry Mugler, Angel Eau de Croisière 

• VIERGE (23 août – 22 septembre) 

Vous avez le cerveau et la beauté. Vos favoris: un trait de liner noir parfaitement exécuté, explorant les grandes villes animées, des cocktails délicieux et ce doux parfum sophistiqué et confiant, tout comme vous.
>> Parfum parfait : Burberry, Her 

• BALANCE (23 septembre – 22 octobre)

Une Balance en trois mots? Sophistiquée, charmante et créative. Vous aimez vous faire plaisir (bonjour, chaussures tendance à des bijoux délicats!) Et vos tenues sont toujours Insta-digne. Vous êtes attiré par les senteurs florales directement dans le jardin, comme ce parfum de pivoine qui crée une dépendance et qui rend le bonheur encore plus heureux.
>> Parfum parfait : Lancôme, La vie est belle 

• SCORPION (23 octobre – 21 novembre)

Vous êtes le signe le plus sensuel mais aussi le plus « privé ». Vous voulez vous détendre, prendre un bain relaxant ou regarder un film à la maison. Votre look est naturel, de votre manucure à votre mise en beauté, et votre parfum de prédilection l’est aussi. Pensez à un floral fin et délicat qui ressemble à être enveloppée dans une couverture de cachemire chaque fois que vous le vaporisez.
>> Parfum parfait : Mon Guerlain 

• SAGITTAIRE (22 novembre – 20 décembre)

Avez-vous un mec sagittaire dans votre vie? Comme votre parfum, il est fort, passionné et toujours à la recherche de l’aventure, et il aime faire une déclaration, de son look audacieux à son cocktail parfait. Son parfum épicé idéal mélange des notes de mandarine, de romarin sauvage et de patchouli qui vous transportent dans des endroits lointains.
>> Parfum parfait : Versace, Eros Flame

• CAPRICORNE (21 décembre – 19 janvier)
On le sait, le travail, le pouvoir et la force font partie de vos qualités. Comme vous piquez dans le dressing de votre homme, vous êtes du genre à vaporiser vos nuques de parfum masculins, puissants, coriaces et audacieux… mais frais. Voici Un parfum avec un mashup audacieux de patchouli et de pamplemousse incarne parfaitement sa force.
>> Parfum parfait : PACO RABBANE, INVICTUS 

• VERSEAU (20 janvier – 17 février)

En tant que pionnière au style original, vous vibrez grâce à un parfum frais et radieux composé de notes d’orange et de pomme combinées à un floral délicat. Votre parfum est complexe mais capricieux et amusant … tout comme vous.
>> Parfum parfait : Moschino, Toy 2 

• POISSONS (18 février – 19 mars)

Vous êtes charmante, amusante et séduisante. Votre parfum signature suit à la lettre: un parfum floral qui associe des roses fraîchement coupées et de la pivoine à une pointe de fève de cacao provoquant une dépendance.
>> Parfum parfait : Givenchy, Live Irrésistible Blossom Crush 

>> Quel est votre parfum préféré ? 
Elisabeth Sall 

Cet article provient du site internet Public : https://www.public.fr/News/Parfum-voici-la-fragrance-qui-correspond-le-plus-a-votre-signe-astrologique-1610508

22/05/2019 – Le maître parfumeur de Louis Vuitton nous dévoile ses quatre nouvelles créations

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Jacques Cavallier Belletrud dévoile ses quatre dernières créations : les parfums de Cologne Sun song, Cactus garden et Afternoon swim ainsi que Les Sables roses.
Jacques Cavallier Belletrud dévoile ses quatre dernières créations : les parfums de Cologne Sun song, Cactus garden et Afternoon swim ainsi que Les Sables roses. Photo Cl. C.

Le maître parfumeur, Jacques Cavallier Belletrud, vient une nouvelle fois d’étoffer la collection de parfums de Louis Vuitton. Cette fois-ci, il présente trois eaux de Cologne et Les Sables roses.

À chaque année ses nouveaux parfums.

Jacques Cavallier Belletrud n’a pas dérogé à la règle et présente de nouveaux parfums pour étoffer la gamme qu’il a lancée en 2016, au cœur des Fontaines parfumées.

D’un côté, on découvre trois eaux de parfums de Cologne au look pétillant et à l’odeur stimulante. De l’autre, Jacques Cavallier Belletrud complète sa fragrance Ombre nomade avec un nouveau clin d’œil au Moyen-Orient avec Les Sables roses.

Des univers très différents mais une passion similaire dans la création de ses fragrances que le maître parfumeur de la maison Louis Vuitton nous dévoile.

Parlez-nous de cette gamme de Cologne. 
« Tout le monde aime la fraîcheur dans les parfums. La Cologne fait partie des fondements de la parfumerie moderne. C’est un accord qui l’influence encore. Mon idée était de faire de vraies eaux de parfums qui respirent la fraîcheur et qui renvoie à la Méditerranée. J’ai voulu réinventer les codes de la fraîcheur pour qu’il n’y ait pas de frustration. Un parfum dont l’odeur est tenace et reste sur la peau. La Cologne est un produit qui rassure et dont chaque culture a sa définition. C’est devenu une des valeurs universelles du parfum. »

Vous avez créé trois fragrances. Comment les avez-vous composées? 
« Sun song est une ode à la fleur d’oranger. Il y a de l’essence de fleur d’oranger amer, le néroli, du petit grain de bigaradier, de l’absolu de fleur d’oranger mais aussi de l’essence de citron et du musc blanc. C’est une explosion de fraîcheur florale qui me rappelle beaucoup mon enfance. C’est un parfum lumineux et doux, il n’a pas d’aspérité. Cactus garden a une fraîcheur plus verte. Il est à l’image du cactus: sec à l’extérieur et humide à l’intérieur. Il y a de l’absolu de Maté qui libère des odeurs de foin et d’herbe coupée, de la bergamote, du lemon grass pour le côté citronnelle sauvage. Cette fragrance donne une autre lumière, plus verte, plus tamisée. C’est ce que j’aime dans les parfums, l’idée de contraste. Afternoon swim est un shot de fraîcheur, effervescent. C’est comme quand on prend de la vitamine C où lorsque l’on plonge dans une piscine un après-midi d’été. On y trouve de la mandarine de Calabre qui est plus puissante, de la bergamote de fin de récolte, très fruitée. Il y a du cœur d’orange de Sicile et une note ambrée. »

crédits : Nicematin.com

Comment avez-vous trouvé l’inspiration pour cette collection de Cologne? 
« Louis Vuitton est la maison du voyage. Cette fois-ci, j’ai fait un stop à Los Angeles qui est un peu une deuxième maison pour moi. Comme ici, c’est une terre de contrastes. Le ciel est d’un bleu profond. Le pacifique apporte de la couleur et de la fraîcheur. Ce carrefour des civilisations a été une source d’inspiration importante. Et puis, nous avons besoin de choses positives. Le rôle du parfum est de nous faire se sentir bien. J’ai choisi de créer trois parfums pour que chacun ait le choix. Le parfum est un plaisir, une partie secrète de soi que l’on révèle. Je voulais une explosion de fraîcheur. Mon obsession est de surprendre en sentant mes parfums, que les personnes soient séduites. »

Après Ombre nomade, voici Les Sables roses. Quel est l’esprit de ce parfum? 
« C’est un hommage à la parfumerie du Moyen-Orient dans lequel j’ai intégré de la rose Centifolia extraite au CO2, du oud, de l’essence de rose bulgare et turque et de l’ambre gris. Il a déjà été lancé au Moyen-Orient et arrivera dans les boutiques Vuitton le 30 mai prochain. C’est un parfum doux et puissant, à l’image de la femme d’aujourd’hui. Il a un côté un peu animal et sensuel. »

crédits : Nicematin.com

La rose est un sujet de prédilection pour vous. 
« C’est un sujet inépuisable. Elle ouvre à la réflexion créative. La Centifolia n’est pas toujours identique, c’est un sujet difficile à créer. Et puis, la rose définit le caractère féminin: charmant, charmeur, épicé, avec de la fraîcheur, fruité ou boisé. Elle a énormément de caractère. On peut la marier à tout car elle est très facettée. »

Cet article provient du site internet : Nice matin https://www.nicematin.com/conso-shopping/le-maitre-parfumeur-de-louis-vuitton-nous-devoile-ses-quatre-nouvelles-creations-383702?t=NWFlMDRiNWFkZGU5MjAwNzVjYmRlMjc3Yzg2YjdkYjlfMTU1ODUxMDQ0MDc0Nl8zODM3MDI%3D&tp=viewpay

21/05/2019 – Grasse, Capitale des parfums

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Juchée sur une pente qui regarde la Méditerranée, cette ville de la Côte d’Azur cultive toujours les savoir-faire liés au parfum qui lui ont valu son récent classement par l’Unesco.

Grasse, capitale des parfums
Crédits : Lacroix.com
Grasse ne manque pas d’atouts : son climat, son architecture et… ses parfums.ANTOINE MARTA KONOPKA.

Dédiée à saint Honorat d’Arles, la cathédrale de Grasse, érigée au XIIIe siècle dans le style roman lombard, abrite dans l’obscurité de ses trois nefs trois magnifiques Rubens. Tout autour s’entrelacent, sur une pente qui regarde la Méditerranée droit dans les yeux, les ruelles de la vieille ville. Il fait bon s’y perdre un peu. Les façades colorées, les places pimpantes parfois décorées d’une fontaine rappellent l’Italie toute proche.

En ce début de printemps, un rosier Albertine et une glycine mauve égayent la façade jaune vif du Musée international de la parfumerie, qui retrace l’histoire du parfum de l’Antiquité à nos jours. Une visite guidée en compagnie de Gilles Burois aide à se familiariser avec l’évolution des « savoir-faire liés aux parfums » qui ont forgé la réputation du pays de Grasse. Et lui ont valu, en 2018, après le long combat du sénateur et ancien maire Jean-Pierre Leleux, d’être classé par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité.À lire aussiGrasse candidate au patrimoine de l’humanité pour ses savoir-faire liés au parfum

Cette ville dont on ne connaît pas exactement l’origine – première mention dans un texte en 1040 – s’était d’abord spécialisée dans le commerce. L’y prédisposait « sa situation géographique, sur la route menant d’un côté à Grenoble, et de l’autre, via Nice, jusqu’aux Républiques de Pise et de Gênes », souligne Dominique Pillon, guide conférencière. Ici, point de seigneur. Grasse était une ville « libre » gérée par quatre consuls. « Une oligarchie de négociants s’y était développée », insiste Dominique Pillon.

Des usines en-centre ville

Au Moyen Âge, les tanneries y prospèrent. Lorsque, à la Renaissance, vient d’Italie la mode des gants parfumés, les fabricants locaux s’y mettent. Au XVIIIe siècle, la rentabilité de cette activité est compromise : ils se reconvertissent dans l’extraction des matières premières destinées à composer les parfums.

Leurs petites usines sont installées dans des immeubles du centre-ville que rien ne distingue des autres – à l’exception de la façade ostentatoire de l’ancienne maison Hugues –, sinon les cheminées destinées à évacuer la vapeur des alambics.

Onze de ces cheminées restent visibles, note Dominique Pillon, qui signale en haut de la pente qu’escalade Grasse celle de la maison Roure-Bertrand, fermée en 1997. « C’est là qu’est né en 1937 le “Shocking” de Schiaparelli. Et, aussi, en 1946, “Ma griffe” de Carven. Quant à l’actuel palais de justice, il est installé dans les anciens locaux de Chiris, disparu en 1982 », observe-t-elle, intarissable sur la trajectoire des Fargeon, Hugues, Mottet-Bruery, Charabot, Robertet, Niel, Chiris et autres parfumeurs locaux.

Les usines ont quitté la vieille ville pour le plan de Grasse après 1871, date de l’arrivée du train. C’est dans ce plan que la culture des plantes à parfum est pratiquée avec succès depuis le XVIe siècle. Au fil des ans, avec la standardisation des méthodes de production et la concurrence internationale, l’industrie locale de la parfumerie a été très secouée.

Galimard, Fragonard et Molinard

Des usines ont fermé, d’autres prospèrent toujours. Ces installations ne se visitent pas. En revanche, trois des 15 parfumeurs qui, au XIXe siècle, avaient ouvert leurs portes aux touristes gardent pignon sur rue : les maisons Galimard, Fragonard et Molinard, qui initient le grand public aux us et coutumes d’un monde aussi prestigieux que mystérieux. Les créateurs de parfums – les « nez » – n’ont-ils pas acquis des lettres de noblesse extraordinaires, alors même que leur nom reste aussi inconnu que le lieu où ils « composent » ?

Pourtant, sur les hauts de Grasse, dans le pittoresque village de Cabris, le très discret atelier Art et parfum, créé en 1946 par Edmond Roudnitska – le mythique créateur de « Femme » de Rochas – et aujourd’hui géré par Olivier Maure, accueille toujours des « nez » du monde entier ; ils viennent ici « se ressourcer » et « composer » avec les innombrables extraits mis à leur disposition.

Expérimenter l’orgue à parfums

Si créer un grand parfum demande une fine connaissance des fragrances, les simples amateurs peuvent tenter l’expérience chez Galimard. Il en coûte 53 € pour un atelier de deux heures, mais on emporte son eau de parfum. Nathalie, assistante parfumeur, guide le néophyte après l’avoir installé devant un « orgue à parfums », entendez un bureau surmonté de trois étagères superposées.

Y sont disposés 127 flacons d’extraits : rose centifolia, musc, jasmin, agrumes, tubéreuse, thé vert, feuille de tomate, bambou, vétiver, figue, etc. Nathalie commence par initier l’impétrant à la « pyramide olfactive », ces trois notes – note de tête, note de cœur et note de fond – qui constituent chaque parfum. « C’est l’harmonie – ou les contrastes – qui lie ces trois notes qui donne son caractère au parfum », insiste-t-elle.

Plus tard, dans les ruelles de Grasse, on croise les boutiques de Jessica Buchanan, Didier Gaglewski et Olivier Durbano. Récemment installés, ces trois nouveaux parfumeurs dits « de niche » y composent leurs propres parfums. « Grasse est le véritable berceau de la parfumerie », insiste le sénateur Leleux, fier que « le travail de toutes les générations passées qui ont fait de Grasse ce qu’elle est soit internationalement reconnu ».

À ses yeux, « c’est bien plus qu’un atout touristique ». D’atouts, Grasse n’en manque pas : son climat, ses paysages, son architecture, ses terrasses d’où la vue splendide embrasse la mer et bien sûr ses « petits farcis », ses beignets de fleurs de courge, son fassum (chou farci au porc et au riz), sa fougassette à la fleur d’oranger. La meilleure est vendue chez Venturini, rue Marcel-Journet. Le vieux Grasse regorge décidément de trésors.

Cet article provient du site internet : https://www.la-croix.com/Culture/Art-de-vivre/Grasse-capitale-parfums-2019-05-11-1201021048?from_univers=lacroix